Le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), qui est proche du Premier Ministre Dr Choguel Kokalla Maïga, a récemment appelé le gouvernement à dénoncer l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Cette demande intervient peu de temps après que le Président de Transition, le colonel Assimi Goïta, ait décidé de nationaliser l’accord de paix. Le M5-RFP soutient cette décision et demande instamment aux autorités de la Transition de dénoncer l’accord, affirmant qu’il n’a pas réussi à apporter la paix, la réconciliation et la stabilité au pays malgré les concessions et les efforts consentis.
Le M5-RFP souligne les limites de l’accord et déplore l’impasse dans laquelle il a conduit toutes les parties concernées, à savoir le gouvernement du Mali, les mouvements signataires et le Comité de suivi. Les proches du Premier Ministre de Transition appellent le peuple malien à se libérer de ce fardeau et à envisager d’autres solutions pour réaliser l’union nationale et préserver l’unité territoriale du pays.
Le Comité Stratégique du M5-RFP soutient les initiatives de dialogue inter-malien annoncées par le Chef de l’État lors de son discours du Nouvel An au peuple malien. Il propose également l’abandon pur et simple de l’accord pour la paix et la réconciliation, et invite le gouvernement de la Transition à répondre de toute urgence aux besoins des populations maliennes sur l’ensemble du territoire national, en termes de sécurité, de retour des réfugiés et des déplacés, ainsi que de services sociaux de base.
Il est important de rappeler que les mouvements séparatistes touareg ont rejeté l’idée d’un « dialogue direct inter-malien pour la paix et la réconciliation » proposée par le Président de Transition lors de son discours du Nouvel An. Selon Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole de la rébellion touareg signataire de l’accord de paix en 2015, ce dialogue serait une façon de rendre l’accord caduc et de mettre fin à la médiation internationale.
Cette demande du M5-RFP met en évidence les préoccupations persistantes concernant l’efficacité de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Le gouvernement de la Transition devra maintenant prendre une décision quant à la dénonciation de cet accord, tout en cherchant des alternatives pour parvenir à une véritable paix et réconciliation nationale.